Parler en public : comment être efficace? partie 3

Parler en public : comment réussir sa prise de parole en public?

Partie 3 : Une communication charismatique

Dans la seconde partie, nous avons parlé des différents niveaux de communication pour être efficace dans sa prise de parole : utiliser la communication verbale, para-verbale et non-verbale pour un maximum d’impact.

Dans cette partie, nous allons continuer sur cette dynamique et voir comment communiquer de façon charismatique pour susciter l’intérêt, l’implication et l’engagement du public devant lequel on parle.

Communiquer à tous les niveaux
Pour avoir un certain charisme et “attirer” l’attention de ceux qui sont dans le public, il est déjà primordial d’avoir une communication à tous les niveaux : bien choisir ses mots et ce que l’on dit (niveau verbal), utiliser sa voix avec des variations de ton, de rythme d’élocution, etc. (niveau para-verbal) et utiliser une gestuelle efficace et des mouvements qui accompagnent et “chorégraphient” ce que l’on dit pour le rendre plus visuel et plus vivant (niveau non-verbal)…

Etablir le “rapport”
Lorsque l’on commence à parler devant le public, il est important pour être efficace de commencer par établir une connexion, un lien, avec son public, dès le début. C’est ce lien qui va permettre au public de se sentir plus en confiance, rassuré afin de pouvoir vous écouter à 100%. C’est en fait “se mettre tous dans la même bulle” et ainsi créer un sentiment d’être ensemble et non pas le speaker d’un côté et le public de l’autre, mais comme si nous étions tous ensemble dans le “même monde”. Aussi mettez vous à la portée du public, avec l’intention de l’aider au maximum à suivre et à comprendre. Rien n’est plus énervant lorsqu’on est dans le public, qu’un orateur hautain et élitiste qui jubile de son expertise et de mots compliqués pour “étaler sa science”. Les meilleurs orateurs, experts ou pas, savent se mettre au niveau de leur public pour faciliter la compréhension de chacun.

En PNL on parle alors d’établir le “rapport” avec son interlocuteur, ici on va faire la même chose avec le groupe entier. Cela permettra au public de se “synchroniser” sur vous, le speaker et de vous “suivre” plus facilement dans votre discours.
Pour cela, en tant qu’orateur, commencez, avant de parler, à balayer du regard le public, en regardant le plus possible de personnes dans les yeux, comme pour créer un “contact visuel”, en souriant si possible plutôt qu’en montrant un visage tendu ou stressé! Comme si inconsciemment vous étiez en train de souhaiter la bienvenue à chaque personne qui croise votre regard.

Ensuite quand vous commencez à parler, accueillez les personnes avec des phrases comme “Bonjour à tous et merci d’être ici avec moi aujourd’hui. Nous allons être ensemble ce soir pour cette présentation de la Neuro-Sémantique, etc.” de manière à introduire ce que l’on va faire et à donner le “cadre” : comment les choses vont se passer, pourquoi on est ici, et insister sur le fait que nous sommes “tous ensemble”, etc. Placez ici donc des généralités d’introduction dans le but de créer un sentiment d’être ensemble et de cohésion plutôt que d’accentuer la division entre public et orateur.
Ensuite tout au long de votre discours, continuez lorsque vous parlez à balayer l’audience et à croiser le plus de regards possibles pour maintenir le lien avec chaque personne de votre public.
Pour ceux qui connaissent le “Milton Modèle” du langage, de la PNL, c’est le moment de l’utiliser de manière à synchroniser le public avec nous.

Induire des émotions
Pour que le public soit captivé par ce que vous dites, ce que vous expliquez, ce que vous montrez, ce que vous faites, il doit ressentir des émotions et ne pas s’ennuyer!
Dans votre discours, faites vivre des expériences ou des situations au public pour qu’il puisse ressentir des émotions. Utilisez des exemples de situations du quotidien ou assez courantes pour que votre public puisse se projeter dans votre discours et vivre ce que vous dites.

Par exemple si vous parlez d’une voiture, faites imaginer le public dans cette voiture dans un endroit particulièrement agréable et guidez le dans l’émotion.
“Maintenant vous pouvez vous imaginer dans votre cabriolet, sur le bord de mer, ressentant le vent dans les cheveux et voyant ce bleu qui s’étend à perte de vue, et vous conduisez votre voiture en étant assis confortablement…etc.” Décrivez des situations qui vont amener le public à visualiser et ressentir des choses.
Utiliser des images, des métaphores, des exemples de situations précises, des anecdotes, des histoires.
Tout cela va permettre à votre discours d’être plus vivant et plus charismatique car cela va induire des émotions chez le public.
Utiliser l’humour a bon escient (c’est risqué!) aide aussi à créer de l’émotion et du vivant chez le public, attention seulement à ne pas vous louper…

Susciter l’engagement et l’implication
Questionnez le public pour développer son implication et son engagement, cela va maintenir son intérêt et captiver son attention.
Cela peut être des questions qui font participer le public : par exemple “qui dans la salle, a déjà….?” ou “levez la main ceux qui…?” mais aussi des questions pour lesquelles vous n’attendez pas de réponse ou d’action, mais qui vont résonner à l’intérieur des personnes qui vous écoutent (elles vont se poser la question a elles-mêmes et cela va amener leur cerveau dans certaines directions).

Par exemple si vous parlez sur les secrets des entrepreneurs qui réussissent, vous pourriez avoir comme questions pour susciter l’intérêt “Est-ce que vous aimeriez savoir ce que font les entrepreneurs à succès pour réussir là où les autres échouent? Est-ce que cela ferait une différence dans votre vie? Est-ce que vous saviez que pour une même situation donnée, certains s’en sortent par le haut alors que d’autres ne font que rester coincés ou échouer? Aimeriez-vous faire partie de ceux qui en sortent par le haut? Est-ce que vous aimeriez savoir comment appliquer cela dans votre vie à vous, dès maintenant?”
Ici vous n’attendez pas de réponse mais les personnes qui vous écoutent vont très probablement se dire “oui” à l’intérieur d’eux-mêmes lorsque vous posez ces questions.
Ce type de questionnement déclenche de la motivation et de l’engagement chez le public et le maintient “actif” car une question oriente toujours le cerveau à chercher une réponse.

Si vous voulez “accrocher” votre public, une fois la partie “rapport” effectuée, utilisez ce genre de questionnement avec ce que vous pouvez identifier (avant la prise de parole) comme intérêt ou bénéfice pour le public par rapport au sujet que vous présentez. Ainsi vous allez en quelques minutes captiver l’attention à raccrocher tout le monde au train que vous conduisez.

Etre orateur c’est être chef d’orchestre, vous ne devez perdre personne et vous devez accompagner et guider chacun, pour que tous, malgré les différences de chacun, se dirigent vers la même direction, celle que vous donnez.

Utiliser des ancrages
D’une manière, c’est décrire plus précisément les exemples de situations que vous donnez, ce dont j’ai parlé plus haut. Pour utiliser les bienfaits de l’ancrage, décrivez vos exemples avec des termes sensoriels qui vont faire que les personnes se projettent pleinement dans ce que vous dites (imaginer, voir, ressentir, sentir, se connecter à une émotion, etc.).
D’une autre manière c’est utiliser l’association entre un stimulus et une réponse. Si vous répétez régulièrement un geste ou une action (ou un mot ou un ton de voix) qui déclenche un même type de réaction, au bout de plusieurs fois, à chaque utilisation du stimulus, vous déclencherez la même réponse chez le public.

Par exemple, si vous faites une conférence pendant laquelle vous ne voulez pas être coupé en permanence, mais vous voulez que ce soit vous qui donniez la parole au public au moment où vous le souhaitez, vous pouvez faire comme suit. Déjà “précadrez” le comportement que vous attendez lorsque vous établissez le rapport au début du discours : “Je vous demanderai simplement de garder vos questions pour les sessions de questions/réponses pour que je puisse vous faire mon exposé avec le plus de fluidité possible. Je m’arrêterai régulièrement pour un moment de questions/réponses entre les différents sujets à voir dans cette conférence.”

Ainsi le public s’attend à ce que les choses se déroulent de cette manière. Pour renforcer cela, vous pouvez l’ancrer, c’est à dire créer un lien stimulus->réponse qui va induire chez le public que c’est le moment des questions ou pas.
Quand vous voulez seulement parler, vous êtes par exemple debout, vous parlez…quand vous voulez lancer le moment de questions/réponses, vous prenez votre chaise, vous vous asseyez tranquillement, arrêtez de parler et regardez le public pour attendre les questions (la première fois dites bien que c’est le moment pour les questions).
Si vous agissez de manière persistante comme cela, vous n’aurez plus qu’à prendre votre chaise et vous asseoir et le public posera automatiquement les questions, et ne vous coupera pas en dehors de ce temps, car il aura été conditionné à ce comportement.

Vous pouvez utiliser cette dynamique avec n’importe quelle action ou réaction à déclencher dans le public.
Autre exemple, cette fois pour un ancrage dit “spatial” : par exemple, sur le côte gauche de la scène, l’orateur expose les faits techniques, plus compliqués, théoriques, et pour illustrer avec des exemples il se déplace sur la droite. Puis à chaque fois que l’orateur est sur le côté gauche, le public se met (naturellement et automatiquement) dans un état d’attention plus poussée pour bien suivre et se détend lorsque l’orateur est sur la droite et s’attend à des exemples et des explications plus pratiques.

Donc pour résumé, parler en public est un art qui lorsque l’on ne le maîtrise pas semble très “simple” ou ordinaire.
Lorsque l’on va dans le détail, on s’aperçoit qu’il y un nombre incalculable de détails techniques qui permettent d’avoir un impact bien plus grand sur le public, lorsque l’on connaît les mécanismes en jeu et comment les utiliser. La partie la plus “efficace” de la communication se fait au niveau le plus inconscient, au delà des mots, dans la manière de parler, la gestuelle, l’utilisation des émotions, des questions et de l’espace. Tout cela a un impact et fait que le public sans savoir pourquoi consciemment va préférer écouter et suivre un orateur plutôt qu’un autre, même si leur discours est quasiment identique.

Voici donc quelques pistes à explorer, à pratiquer encore et encore et à expérimenter.

A bientôt pour la partie 4 de cette série!

Florent Fusier
“Le Coach en Ligne”

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