L’Ennéagramme, outil de compréhension de soi et des autres


Ma pratique de l’Ennéagramme…



par Jean-François Mareczko, formateur et spécialiste de l’ennéagramme

Si vous êtes sur cette page cher lecteur , c’est que vous avez déjà traversé un certains nombre d’étapes dans votre intérêt pour l’ennéagramme, car comme dans le sketch de “la chauve-souris” de Jean-Marie Bigard, à ce jour la rencontre entre mes écrits et de possibles lecteurs est plus qu’aléatoire.

C’est pourquoi, par cet article, j’ai envie d’en confier un peu plus sur ma position vis à vis de cet outil si controversé sur la “toile” et dans tant d’autres publications.

Je viens du monde de l’entreprise et très tôt le Management des hommes, la communication et le développement personnel ont attiré mon attention.

J’ai commencé ma carrière dans l’univers de la grande distribution, dont la réputation n’est plus à faire, et où pourtant, grâce à une entreprise où j’ai fais mes premiers pas, le management, était une priorité. Ainsi, j’ai pu m’inscrire très tôt à de nombreuses formations et ceci ne s’est plus jamais vraiment arrêté depuis.

Toute ma carrière s’est faite avec des équipes à encadrer et animer. J’ai rencontré et côtoyé des centaines de personnes et autant de caractères et de façon de fonctionner. Ma priorité : favoriser l’expression de ce qu’elles pouvaient produire de meilleur, dans le respect de leurs valeurs et des différents aspects de leur vie. Cela a été parfois facile et j’ai vécu alors des moments où tout fonctionnait avec fluidité et harmonie. Dans d’autres situations les difficultés furent énormes, les tangages et les sorties de routes fréquents… Les responsables en étaient tantôt le système dans lequel nous étions amenés à fonctionner, mes failles et celles de mes collaborateurs.

Chaque expérience amenait en tout cas une réflexion sur : “Quoi mettre en place pour améliorer la connaissance de soi et des autres, faire évoluer les relations entre les personnes d’une façon positive, harmonieuse et dynamique dans un environnement donné, en obtenant un haut niveau de performance ?”

Longtemps le MBTI, associé à un un certains nombre de tests de personnalité fut mon point d’ancrage. Tout cela fut complété un peu plus tard par l’égogramme issu de l’analyse transactionnelle. Je m’en suis vraiment beaucoup servi.

Mais il me manquait quelque chose. Une forme de dynamique, des cheminements plus fins, moins marqué par ce que l’on appelle les typologies.

C’est au début des années 2000 que l’Ennéagramme est entré dans mes champs d’application et qu’il rempli désormais les espaces vides laissés par les autres supports.

Formateur de métier et également manager au quotidien, il m’a semblé utile d’en partager l’usage en proposant des formations très reliées à mes expériences quotidiennes.

Il m’arrive très souvent de lire ou d’entendre que L’Ennéagramme est un outil réducteur, une typologie des personnalités, une caricature !

J’en suis toujours surpris et contrarié, car cela n’a jamais été vrai dans mon expérience personnelle. Je vais ici, vous en expliquer les raisons.

L’ennéagramme, fonctionne en plusieurs temps. La première étape est consacrée au repérage des styles de communication du sujet avec lequel on a décidé de travailler. Il se trouve que j’utilise des éléments liés à la PNL pour faire ce décodage. Ecoute des structures linguistiques, repérage de modèles de pensée, observation comportementale et registres émotionnels. Et ça marche très bien, n’en déplaise aux détracteurs de la PNL… (Mais j’écrirai un autre article la-dessus). Dans cette phase, on ne se préoccupe pas de savoir si l’individu se situe sur tel ou tel point. On apprend à le connaître tout simplement. Apprendre à faire cela, c’est déjà une grande valeur ajoutée dans sa relation aux autres et on pourrait s’arrêter là.

Conclusion 1 : cette approche évite la caricature, puisqu’elle s’appuie en premier lieu sur des éléments observables et factuels, dont les proportions varient selon chaque individu. Personne n’est posé sur un numéro.

La deuxième étape est celle du rapprochement de ces caractéristiques repérées avec le modèle proposé par l’ennégramme. Elle implique une bonne connaissance des 9 points de la figure, des interactions provoquées par les directions et les contacts. Parfois, le rapprochement est limpide. Certaines personnes collent à 100% au modèle proposé.

A d’autres moments, il faut poser plusieurs hypothèses, ce qui amène à compléter l’étude. Généralement je profite de situations de travail pour renforcer mes observations. Les situations fortement connotées favorisent le repérage des personnes. Je parle ici de toutes les situations liées à l’appropriation de changements plus ou moins importants, qu’il s’agisse de rythme ou de charge de travail par exemple, les moments de plaisir et aussi de tension sont appropriées pour réaliser ces compléments, car les personnes se lâchent plus dans ce genre de situation.

Enfin, il reste aussi parfois (très peu quand même), des profils de personnes qui vont rester flous, imprévisibles et où la connaissance de l’ennéagramme me servira dans sa globalité. Dans ce cas, je repère des fonctionnements qui proviennent d’à peu près toutes les directions. Je cale alors ma communication et ma relation sur ce qui m’est proposé dans l’instant. Et ça marche aussi.

Conclusion 2 : encore une fois nous sommes loin de la typologie, car nous évoluons en permanence sur un terrain qui bouge, dans un univers en mouvement. Et c’est bien mieux comme ça. Cela évite de placer le praticien dans cette espèce de toute puissance véhiculée par certaines présentations. Nous nous situons ici dans une découverte faite de croisement d’informations et où nous évaluons pas à pas, sans certitudes absolues.

La troisième étape est celle dite de l’évolution personnelle et de l’amélioration des situations de communication. Lorsque chacun d’entre nous à repéré ses caractéristiques dominantes, il lui est alors possible de travailler les points à améliorer. De même en repérant le mode de fonctionnement des autres, nous comprenons alors aussi ce qu’il nous appartient de changer dans notre mode de communication pour nous adapter à ces personnes. Il n’est pas question ici de changer les autres, mais de s’adapter aux autres. ( mais nous y reviendrons également plus tard…). Là, je n’ai pas de chapelle… Certes, j’utilise ce que je connais le mieux, c’est à dire les outils de la PNL et de la Neuro-sémantique, mais ça marche aussi avec l’analyse transactionnelle et même avec le bon sens (vous savez, celui du paysan…) . Les chemins de l’évolution personnelle sont multiples, à chacun d’emprunter ceux qui lui conviendront le mieux.

Conclusion 3 : l‘ennéagramme n ‘est pas un dogme. Pour moi et heureusement je ne suis pas le seul à le penser, il facilite l’accès à des représentations en utilisant des chemins balisés. L’itinéraire est précis, les résultats sont modulables. Il se trouve que j’ai longtemps pratiqué le football, (personne n’est parfait…). L’ennéagramme est comme un terrain de foot : Il y a également des joueurs dessus et chacun évolue avec sa technique, sa sensibilité. Il existe une règle partagée, des gestes techniques identiques et définies précisément par un nom. Et pourtant cela ne produit jamais le même résultat avec des buts qui sont toujours différents les uns des autres tout en se situant dans des catégories techniques de la même appellation. Et là c’est magique parce que cela procure à la fois du plaisir aux joueurs, comme aux spectateurs. A condition d’aimer le football… De même tout le monde n’est pas obligé d’aimer l’ennéagramme…

Merci à Jean-François Mareczko pour cet article, visitez son blog et son site

Florent Fusier,
“Le Coach en Ligne”

Leave a Comment

Previous post:

Next post: