janvier 2012

Une carte n'est pas le territoire qu'elle représente - Korzybski

“La carte n’est pas le territoire”

Cette formule, apportée par Alfred Korzybski (créateur de la Sémantique Générale) au delà de sa simplicité nous apporte des éclairages profonds sur notre propre fonctionnement en tant qu’être humain et certains pièges à éviter.

Ce que nous dit Korzybski, rien de transcendant (en apparence) me direz-vous, c’est qu’une carte n’est pas le territoire qu’elle représente. Une carte ne sera jamais aussi précise et complète que le territoire qu’elle représente et il y aura toujours des différences, plus ou moins importantes, entre la carte et le territoire cartographié.
Ne vous est-il jamais arrivé (avec une carte routière ou un système GPS qui n’est pas à jour) d’en faire l’expérience? Un nouveau sens interdit qui n’est pas mentionné sur votre carte, une route qui n’existe plus, un raccourci qui n’apparaît pas sur la carte?
Le territoire en effet est difficile à représenter car il évolue en permanence et pour le représenter il y a forcément des contraintes de représentation qui amèneront à avoir des éléments qui seront manquants ou qui ne correspondront pas pleinement à leur réalité. La carte n’est qu’un sous ensemble, une représentation partielle, à un moment donné dans le temps, d’une réalité qui elle est non figée, en permanente évolution et d’une complexité que l’on ne peut pas représenter de manière exacte.

Pourquoi s’intéresser à cela? Suis-je en train de condamner nos créateurs de cartes ou de logiciels pour GPS? Non ! Ce qui m’amène à parler de cela est le lien direct que l’on peut faire avec nous, les êtres humains et notre propre perception du monde en comparaison à la “réalité” elle-même.

Si Korzybski parle de “carte” et de “territoire”, ce n’est pas pour parler de navigation, mais plutôt pour vous amener à prendre conscience d’une chose : votre réalité (ce que vous croyez comme vrai, votre monde) n’est rien d’autre qu’une représentation intérieure de la réalité extérieure du monde dans lequel vous vivez. Vous ne vivez pas directement dans la réalité mais dans votre propre perception de celle-ci, c’est votre “carte du monde”. Cela vous aide à naviguer dans le “monde réel” au travers des expériences du quotidien, tout comme la carte routière donne des repères pour avancer vers sa destination et le code de la route permet d’interpréter et de comprendre ce qui se passe, et de fixer les règles : ce que l’on peut faire ou ne pas faire.

Il y a donc “votre” réalité (la carte) et le monde extérieur (le territoire) et il y aura toujours des différences entre les deux. Notre cerveau humain capte ce qui se passe autour de nous (dans le territoire) à travers nos sens (nous captons des stimuli visuels, auditifs, gustatifs, olfactifs, des sensations) et procède à un “filtrage” des informations afin de pouvoir les utiliser. Sans ce filtrage nous serons débordés par le “trop plein” d’informations. Ainsi entre un événement brut qui se produit dans le monde dans lequel nous vivons (par exemple votre manager qui vient vous dire que vous n’êtes pas assez efficace) et ce que vous allez en percevoir, votre cerveau aura procédé à des omissions (il aura retiré des informations qui lui semblent inutiles ou pas essentielles), des généralisations (émis des interprétations sur ce qu’il se passe, tiré des conclusions, fait des liens avec d’autres situations semblables pour en émettre des jugements) et des distorsions (fait des liens entre des éléments sous forme de causes et d’effet ou d’équivalence). Ainsi vous serez dans une représentation de ce qui s’est vraiment passé, colorée et aromatisée par vos propres à priori, jugements et croyances sur le monde, construits d’après votre éducation et vos expériences passées.

Ainsi vous cartographiez le territoire d’après votre éducation, culture, vos expériences, etc. et vous agissez ensuite d’après votre carte du monde. Ainsi, si l’on prend plusieurs personnes vivant la même réalité, certains se mettront en colère contre le manager en pensant être attaqué et victime d’un manque de respect, d’autres se sentiront coupables et seront complètement déstabilisés et incapables de faire quoi que ce soit, d’autres prendront cela comme une aide pour progresser et devenir plus efficace, etc. Et vous, comment auriez-vous réagi?
Pourtant une seule et même chose s’est produite : il n’y a qu’un seul territoire. Tandis que les représentations possibles de ce territoire sont infinies.

Ce qu’il est intéressant de comprendre ici c’est que vous vivez dans votre “réalité”, votre “carte” du monde, et que vous avancez ainsi par rapport à votre manière de percevoir et de comprendre le monde. Et votre carte parfois peut avoir besoin, tout comme une carte routière, d’être mise à jour, d’évoluer. Car peut-être qu’elle ne vous rend pas heureux, efficace, épanoui. Une chose est sûre c’est que vous ne pourrez pas changer le territoire, cependant vous pouvez vous le représenter de la manière qui vous est la plus efficace, et lorsque vous prenez conscience que votre réalité n’est pas la réalité, alors cela vous donne la flexibilité et l’ouverture d’esprit nécessaires pour prendre les choses différemment et avoir plus de choix dans vos interprétations du monde.

Que ce soit dans les traditions spirituelles, les méthodes de développement personnel, les outils de psychothérapie, de coaching ou de psychologie, nous retrouvons, sous différentes manières de l’exprimer, toujours ce fondement : vous seul créez votre propre monde (votre carte de monde), qui vous guide au quotidien dans vos pensées, vos émotions et vos actions et il est possible de changer votre manière de créer votre propre monde, lorsque votre stratégie actuelle est inefficace et mène à la souffrance.

En changeant votre propre réalité, vous constaterez que le monde extérieur, dans lequel vous vivez semblera changer aussi. Tout simplement car vous serez en interaction avec le monde de manière différente à travers vos pensées, émotions, paroles et actions.

La réalité n’existe pas en elle-même car insaisissable, alors arrêtez d’essayer de connaître la vérité ultime, universelle ou d’être dans la réalité absolue car vous serez toujours perdant. Au contraire, soyez flexible, ouvert d’esprit et observez si vos conceptions des choses vous rendent la vie meilleure ou plus difficile. Et si vos propres perceptions ne vous aident pas, apprenez à voir les choses sous un autre angle et votre vie va changer. Le monde extérieur vous semblera changer aussi. Pourquoi? Parce que ce vous voyez à l’extérieur est la projection de votre monde intérieur. Imaginez essayer de naviguer maintenant dans une grande ville avec une carte qui date de 100 ans. Ne pensez-vous pas qu’il serait temps de prendre une carte plus récente, plus à la page, plus utile et plus aidante. Sachant qu’il n’y aura jamais la “carte parfaite”, construisez celle qui vous semble le plus proche de la réalité et surtout qui vous permet de trouver le meilleur de vous-même et des autres.

En fait, lorsque l’on adopte une philosophie de vie, une religion, des principes de conduite, c’est ce que nous faisons. Nous adoptons ou utilisons une certaine carte du monde pour nous guider et nous aider à avancer efficacement car nous pensons que cette carte (cette philosophie, religion ou principes) est bonne pour nous et appropriée.

Si votre vie vous semble un enfer, la question à vous poser est alors “Quelle carte du monde utilisez-vous?”, il est peut-être temps
d’en changer!

Pour approndir sur ce sujet, je vous suggère la lecture du fameux ouvrage d’ Alfred Korzybski “Une carte n’est pas le territoire” :

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